vendredi 16 novembre 2012

Un tour de Cochin et un point sur les castes

Retour donc sur le plancher des vaches (sacrées, cela va sans dire, même s’il semblerait qu’elles ne le soient pas toutes, et que dans le sud du sous-continent indien on en trouve souvent dans les restaurants, contrairement au nord.)
Il est vrai que dans le Kerala (relativement moins sale, visiblement moins pauvre que dans l’état voisin du Tamul Nadu  où nous étions jusqu’à avant-hier) on voit moins de bêtes à cornes dans les rues.
Après encore quelques heures de route, nous voici à Cochin, métropole portuaire de 3 millions d’habitants, cité riche d’histoire puisque cette région productrice  d’épices a attiré chinois, portugais, hollandais, anglais, et quelques français. C’est ici qu’est mort Vasco de Gama, c’est ici que l’on trouve la plus ancienne synagogue d’Asie, la plus ancienne église chrétienne d’Inde.
Une maison coloniale
Le marché aux poissons
Les épices

Tour du quartier colonial, tour du port en bateau, et, clou de la journée, spectacle traditionnel de musique, théâtre et danse.

En parlant de traditions, profitons-en pour faire un point sur la notion de castes. Petit rappel : les croyances hindouistes sont basées sur la séparation du corps (que l’on brûle) et de l’âme, qui se réincarne soit dans un être de la même caste, soit si l’individu a « mal » vécu dans le corps de quelqu’un d’une caste inférieure (voire d’un animal, d’où les vaches), soit si sa vie a été sans reproche dans le corps d’une personne de la caste supérieure. Et ce jusqu’à ce qu’elle atteigne le corps d’un brahmane (voir ci-dessous) et, après une sainte vie de celui-ci, atteigne le paradis suprême, le Nirvana.
Les castes sont au nombre de 5 : au bas de l’échelle, les Intouchables (pas dignes d’être touchés par les autres), miséreux voués aux tâches subalternes. Au-dessus sont les paysans, puis les commerçants (et métiers équivalents comme les fonctionnaires par exemple), les « cavaliers », guerriers, nobles et princes, et enfin les prêtres ou brahmanes.
Un brahmane ; la taille de la cordelette en bandoulière indique sa situation (marié, célibataire, …)

Couple de paysans

Un commerçant et une « intouchable »
 Un cavalier, notre guide de Pondichery

Chaque caste se subdivise encore en 3 sous-groupes.
La loi a interdit la discrimination en castes, mais nous avons bien compris en discutant avec plusieurs personnes que, dans la pratique, cela est encore bien présent, et explique que la très grande majorité des mariages soient des mariages arrangés, entre gens d’une même caste bien sûr.
Il semblerait que, avec la multitude (15, inscrites sur les billets de banque) des langues utilisées dans le pays – avec très souvent des alphabets différents - , cette survivance du système des castes soit un frein non négligeable à l’évolution du pays.

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