vendredi 26 juillet 2013

En guise de conclusion...


 Du Moyen Age au XXIème siècle !





Un documentaire canadien vu en juin 2013 sur France 5 présente l’Inde ainsi : « Cet immense pays, connu et révéré pour son mysticisme, est sur une voie exponentielle vers le modernisme. Avec une population de plus d'un milliard d'habitants, dont la moitié en-dessous de 25 ans, il est en passe de devenir la troisième économie mondiale avec une voix de plus en plus audible dans les affaires politiques mondiales. »

Avec le recul de quelques mois depuis notre voyage, il y a toutefois certaines nuances à apporter à ce jugement.


Et en particulier les entraves qui retardent le développement de ce pays :

Ø      les 22 langues officielles tout d’abord, qui obligent les Indiens à passer par l’anglais pour pouvoir se comprendre d’une région à l’autre. 

Ø      l’éducation, très inégale selon les états : si le Kerala se targue de 90 % de scolarisation, il n’en est pas de même ne serait-ce que dans les régions voisines. De plus, si les écoles privées enseignent l’anglais, les écoles publiques utilisent les langues locales.

Ø      la corruption (nous l’avons vécue avec un garde forestier inspectant en détail notre voiture avant de recevoir un petit billet du chauffeur pour qu’il nous laisse passer), même si nous dit-on elle diminue.

Ø      la faiblesse des infrastructures : peu de routes à 4 voies, 50 km de queue en continu pour les camions de transport de fret même en partant à minuit sur la route de la capitale. Ceci alors que la Chine consacre à ce problème un quart de son budget.




Sans compter l'anarchie bruyante et le grouillement de la circulation, les animaux et les produits mis à sécher sur le bitume... 



 

Ø      de gros problèmes dans l’agriculture, entraînant de nombreux suicides, surtout que les paysans restent dans les villages, ne vont pas travailler en ville dans les usines comme en Chine ; or il y a très peu ou pas de travail sur place. L’informatique (fournie par compagnies acheteuses potentielles) peut commencer à aider, pour des conseils, l’information sur les cours de vente, …

Ø      le caractère fataliste et la complexité des pratiques religieuses qui semblent ralentir les activités.

Ajoutons pour faire bonne mesure la saleté omniprésente dans les villes et les campagnes, le système des castes qui, s’il est officiellement supprimé, existe bel et bien dans la société, avec son corollaire : les mariages arrangés. A ce propos, la dot n’étant pas officiellement demandée mais « convenue » entre les familles (voir les publicités "ciblées dot" le long des routes), se pose le grave problème des filles, dont certaines nous a-t-on dit sont encore sacrifiées à la naissance, avec une herbe utilisée à cet effet. Et pour clore ce chapitre, évoquons les cas de plus en plus fréquents de viols et meurtres sur les femmes et les adolescentes (ce phénomène toutefois ne semblant pour l'instant ne concerner que le centre et le nord du pays).
 



Tout cela entraîne un écart énorme entre grandes fortunes et « crève la faim », même si des chefs d’entreprise « modernistes » s’ouvrent au business mondial tout en se préoccupant du bien-être de leurs employé(e)s.

A Bangalore par exemple, il n’est pas évident vu l’état des rues et des trottoirs qu’il s’agisse de la « Silicon valley » asiatique, même si on lui doit paraît-il la non apparition du fameux « bug » informatique de l’an 2000.

Dans les campagnes, les bâches en plastique bleues, grises et jaunes  commencent à être omniprésentes pour éviter par exemple les inondations dans les habitations ; si on y ajoute les panneaux rouges de Vodaphone (voir un des articles du blog) et les paraboles partout présentes, le paysage commence sérieusement à être dénaturé.





Les relations économiques entre la France et l’Inde sont bien en-deçà de ce qu’elles pourraient être, même si quelques intrépides se lancent dans la création d’entreprises et d’échanges qui ne peuvent que réussir après résolution des difficultés (hygiène, corruption, …)

Si le pays compte sur ses jeunes (rappel : la moitié de la population a moins de 25 ans), il va falloir que ceux-ci prennent à bras le corps les problèmes.





Cela dit, ce fut un magnifique voyage riche en vie, couleurs et expériences.
A conseiller à tous, mais à certaines conditions (qui furent les nôtres) : passer par une organisation très précise (l’agence La Fayette à Toulon par exemple, dont nous avons été entièrement satisfaits) afin d’avoir une voiture avec chauffeur local à notre disposition, de pouvoir  manger et dormir dans des établissements d’un certain standing, de mettre en place un programme journalier de visites, et de rester sur place un minimum d’une quinzaine de jours. 

Pour prolonger ce blog, une exposition de photographies "Portraits, Inde du Sud" se tiendra à l'Office de Tourisme d'Eyguières du 23 septembre au 5 octobre. Nous vous convions dès à présent au vernissage, le samedi 28 septembre à 11 heures !

vendredi 23 novembre 2012

Dernier jour !!!


Eh oui, le périple se termine ;-((
Dernier hôtel, derniers kilomètres, derniers contacts avec cette vie grouillante, ces sons, ces odeurs …
Au programme, sur la route nous ramenant de Hassan vers Bangalore, visite d'un temple Jaïn.

Le jaïnisme est une forme de religion, née à la même époque que le bouddhisme, qui donne une grande importance à la vie sous toutes ses formes.
Les Jaïns suppriment ainsi de leur nourriture toute viande, tout poisson, les œufs, le miel, l’eau non filtrée (les microbes étant des êtres vivants !) ainsi que les plantes à racines (des animaux pourraient être tués quand on les arrache !) ; ils ouvrent des hôpitaux pour animaux, sont adeptes de la non-violence (Gandhi a été influencé par ces pensées sans être un adepte du jaïnisme) et croient à une vie sans fin, passant par la réincarnation et l’écologie.
Les plus extrémistes vivent entièrement nus. On ne les trouve que dans certaines régions, ils ne représentent que 0,4 pour cent des fidèles en Inde mais ont une grande influence dans la politique et l'économie du pays.
Nous voici donc au pied des 640 marches qui mènent au temple et à sa statue géante.







Cet exercice pour le moins sportif est l'occasion de rencontrer plusieurs groupes et familles d'indiens, tout heureux de parler avec nous et de poser. Promesses faites de nous adresser les clichés par Internet.



Ce n'est pas le tout, il nous faut à présent redescendre !



Avant de repartir vers l'aéroport, il nous faut acheter – et déguster ! - notre traditionnel repas de midi, à savoir les délicieuses bananes.


En chemin, nous nous arrêtons pour voir, dans un atelier artisanal, la transformation de la canne à sucre en mélasse.


Toutes les bonnes choses (et ce grand voyage l'a été par bien des côtés) ont une fin ! Remerciements et adieux à Sureesh, notre dévoué et efficace chauffeur, qui va avoir quelques jours de repos auprès de sa femme et de son bébé avant de repartir sur les routes du Kerala avec d'autres touristes à la fin du mois. Encore merci Sureesh ;-)

Enregistrement des bagages, passage à la fouille, cartes d'embarquement, délestage de nos dernières roupies aux Duty Free shops, et montée dans le grand oiseau blanc qui après 3 heures de retard et 11 heures de vol nous ramène vers nos pénates.

Il est trop tôt pour tirer des conclusions de cette quinzaine extraordinaire à tous les sens du terme. Nous y reviendrons dans un prochain article. Pour le moment, nous sommes entre un tourbillon d'images et de souvenirs et un retour à notre quotidien qu'il va bien falloir assumer ...

mardi 20 novembre 2012

Visions en rouge et bleu

2 temples au programme aujourd'hui, au demeurant très intéressants et couverts de magnifiques sculptures.
Mais c'est plutôt de pub que nous voudrions d'abord parler.
Nous avons déjà évoqué les immenses panneaux placés en général peu avant l'arrivée dans une ville, et qui présentent essentiellement des produits liés à la dot : bijoux,saris, ... Mais on voit également  des affiches  pour les films (Sandalwood - bois de santal - pour les films réalisés dans la région de Mysore), les restaurants, les motos, les parcs d'attraction …




Les affiches politiques aussi sont très nombreuses. 


En ville, sur les immeubles, c'est aussi publicité à tous les étages.



Dans les campagnes, surtout ici autour d'Hassan, les maisons offrent souvent leur mur le plus exposé à la vision à partir de la route à une publicité géante.



Mais la palme revient sans conteste à l'opérateur de téléphonie mobile Vodafone, qui a réussi à investir tous les espaces possibles en Inde du Sud.
Arrêts d'autocars, boutiques, et même feux rouges et guérites des policiers de la circulation, tout est promis au rouge, avec lettres ou / et logo blanc.










A tel point que les concurrents, comme Airtel, ont souvent choisi les mêmes couleurs. Seules les publicités pour le secteur Communications de l'immense consortium Tata sont à dominante bleue.

Bleu, c'est aussi la couleur de l'uniforme des jeunes élèves de l'école primaire que nous avons eu la chance de visiter. 


C'est une école publique gérée par  le gouvernement. Les élèves, très enthousiastes et disciplinés, nous ont accueillis chaleureusement. Ils ont dansé pour nous (séquence tournée en vidéo), répondu à nos questions en anglais, et sont restés très sages à la demande de leur enseignant quand nous sommes passés voir leurs travaux d'art plastique dans la salle voisine. Le rêve pour  nos collègues hexagonaux qui ont de plus en plus de difficultés à pratiquer leur métier dans des conditions correctes. Ici, pas de bureau, on est assis sur une planche à même le sol, on a un uniforme payé par le gouvernement, ce qui évite  tout problème d'ostracisme vestimentaire. Pas d'ordinateur, pas d'Internet, mais un enseignement convivial et respectueux qui nous laisse rêveurs ...




Dernier article mis en ligne d'Inde. Decollage ce soir pour la France. Mais le blog continuera a notre retour ; n'hesitez pas a laisser vos commentaires, ici ou par mail.
A tres bientot (clavier anglais pour ces dernieres lignes !)