Retour donc sur le
plancher des vaches (sacrées, cela va sans dire, même s’il semblerait qu’elles
ne le soient pas toutes, et que dans le sud du sous-continent indien on en
trouve souvent dans les restaurants, contrairement au nord.)
Il est vrai que
dans le Kerala (relativement moins sale, visiblement moins pauvre que dans
l’état voisin du Tamul Nadu où nous
étions jusqu’à avant-hier) on voit moins de bêtes à cornes dans les rues.
Après encore
quelques heures de route, nous voici à Cochin, métropole portuaire de 3
millions d’habitants, cité riche d’histoire puisque cette région
productrice d’épices
a attiré chinois, portugais, hollandais, anglais, et quelques français. C’est
ici qu’est mort Vasco de Gama, c’est ici que l’on trouve la plus ancienne
synagogue d’Asie, la plus ancienne église chrétienne d’Inde.
Une maison
coloniale
Le marché aux
poissons
Tour du quartier
colonial, tour du port en bateau, et, clou de la journée, spectacle
traditionnel de musique, théâtre et danse.
En parlant de traditions,
profitons-en pour faire un point sur la notion de castes. Petit rappel :
les croyances hindouistes sont basées sur la séparation du corps (que l’on
brûle) et de l’âme, qui se réincarne soit dans un être de la même caste, soit
si l’individu a « mal » vécu dans le corps de quelqu’un d’une caste
inférieure (voire d’un animal, d’où les vaches), soit si sa vie a été sans
reproche dans le corps d’une personne de la caste supérieure. Et ce jusqu’à ce
qu’elle atteigne le corps d’un brahmane (voir ci-dessous) et, après une sainte
vie de celui-ci, atteigne le paradis suprême, le Nirvana.
Les castes sont au
nombre de 5 : au bas de l’échelle, les Intouchables (pas dignes d’être touchés par les autres), miséreux
voués aux tâches subalternes. Au-dessus sont les paysans, puis les commerçants
(et métiers équivalents comme les fonctionnaires par exemple), les « cavaliers », guerriers, nobles et
princes, et enfin les prêtres ou brahmanes.
Un brahmane ;
la taille de la cordelette en bandoulière indique sa situation (marié,
célibataire, …)
Couple de paysans
Un commerçant et
une « intouchable »
Chaque caste se
subdivise encore en 3 sous-groupes.
La loi a interdit
la discrimination en castes, mais nous avons bien compris en discutant avec
plusieurs personnes que, dans la pratique, cela est encore bien présent, et
explique que la très grande majorité des mariages soient des mariages arrangés,
entre gens d’une même caste bien sûr.
Il semblerait que,
avec la multitude (15, inscrites sur les billets de banque) des langues utilisées
dans le pays – avec très souvent des alphabets différents - , cette survivance
du système des castes soit un frein non négligeable à l’évolution du pays.
Superbes photos pour ce très intéressant reportage. On s'y croirait !
RépondreSupprimerEt encore, il manque les sons et les odeurs ;-))
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